Le prolongement du T2 vu par...
Parole à... Alain Buat, CCIP
Pendant les travaux du prolongement du tramway T2, les commerçants peuvent bénéficier d'une indemnisation en cas de préjudice sur leur chiffre d'affaires. Explications d'Alain Buat, vice-président de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP), chargé du commerce.
« Si le chantier occasionne une gêne réelle pour les riverains, il peut avoir des conséquences plus douloureuses pour les commerçants. Les travaux devant leur porte risquent d'entraîner une baisse de la fréquentation et donc de leur chiffre d'affaires. C'est pourquoi la CCIP accompagne ces entreprises dans le cadre notamment d'une convention passée avec les communes. Nous rendons visite à chaque commerçant pour l'aider à constituer un dossier de demande d'indemnisation qui passera ensuite en commission pour accord. Il est nécessaire d'apporter tous les éléments utiles comme, par exemple, des photos de l'environnement avant et pendant travaux, des pièces comptables, etc. La CCIP a pour mission d'aider les entreprises dans leur développement et ce rôle doit se jouer pleinement durant ces périodes de travaux. »
Parole à... Benoît Lhomme, responsable « voie et caténaire » chez Xelis, maître d'oeuvre de la RATP
Le 23 juillet dernier a eu lieu le premier tir de LAC. De quoi s'agit-il ? De la pose des lignes aériennes de contact, qui permettent d'alimenter en électricité les voitures du tramway. Explications de Benoît Lhomme.
«Les tirs de LAC (ligne aérienne de contact) sont des opérations délicates qui demandent plusieurs types de matériel et une équipe d'environ 6 personnes. Dans un premier temps, il faut effectuer ce que l'on appelle « le piquetage ». Il s'agit d'un plan représentant avec précision les points de passage des fils de contact. Ces câbles sont positionnés par rapport au tracé de voie.
Dans un second temps, on procède à « l'armement », c'est-à-dire à la mise en place des systèmes d'accroche. Ensuite, un camion équipé de bobines de câbles avance lentement, suivi d'un camion nacelle, pour permettre l'accrochage des LAC sur les élingues d'ancrage. Ce déroulé s'effectue sur 1 km. Une traction de 1 000 kg (ou daN) est exercée aux extrémités de chaque fil, le temps que les LAC soient bien en place.
La réussite de cette intervention dépend notamment des conditions climatiques. En effet, la température ambiante influe sur la flexibilité des câbles. Une température trop basse ne permet pas de dérouler les LAC correctement. Pour le moment, la période est plutôt favorable. »
Parole à... Jean-Denis Negi, directeur de La Poste Aragon
Alors que la mise en service du tramway est prévue en 2012, Jean-Denis Negi, directeur de La Poste Aragon à Colombes, nous parle de ses attentes à l'égard du projet.
« Le prolongement du T2 jusqu'à Bezons est une véritable chance pour le développement de nos communes. De notre côté, nous avons anticipé cette opportunité en déménageant à Colombes, pour que notre agence bénéficie dès la mise en service du tramway de tous les avantages : facilité de déplacement, environnement rénové... Et surtout, nous attendons, grâce à la dynamique d'ensemble que va apporter le tramway, une hausse importante de notre activité. Bien sûr, avant de profiter de ces changements, il y a les chantiers. Mais les travaux lourds sont maintenant derrière nous, il ne s'agit plus que de patienter ! »
Parole à... Nicolas Gruet, conducteur de travaux
Responsable de la gestion du chantier du pont-dalle à Bezons pour le compte du Conseil général du Val d'Oise, Nicolas Gruet de la société Demathieu & Bard (mandataire du groupement Demathieu & Bard, Colas, Valerian et Presspali) évoque les travaux et leurs implications pour les riverains.
« Depuis le 5 janvier 2009, avec mon équipe d’une quinzaine de personnes, nous sommes à pied d’oeuvre et ce pour les 17 mois à venir. Nous construisons le pont-dalle pour permettre la déviation de la RD 311, qui passe actuellement sous le pont de Bezons, que nous rénovons également. Les trottoirs seront démolis pour récupérer les deux voies de circulation au milieu du pont, qui serviront au passage du tramway. Nous devrons remettre à neuf la chaussée et assurer l’étanchéité du pont. L'une de nos préoccupations est de limiter les nuisances pour les usagers et les riverains. Nous adaptons le phasage de nos travaux pour conserver deux voies de circulation dans les deux sens, comme nous le demande le Conseil général du Val d’Oise. Quant au cheminement des piétons, c’est pour nous un sujet majeur, que nous essayons de traiter au mieux, en proposant des déviations aussi accessibles que possible. »
Parole à... Stéphane Conquet, architecte
Chargé de l’environnement paysager du prolongement du T2 et de la restructuration de l’espace public sur la RD 992 et RD 392, Stéphane Conquet nous explique le projet.
« Ce vaste projet répond à un objectif clair : créer une identité différente sur chaque commune traversée, tout en conservant une cohésion d’ensemble. Comment ? Si l’harmonie est respectée avec l’alignement d’arbres tout au long du tracé et le gazon au centre de la plateforme, chaque station est habillée avec des arbres différents, qui prendront en compte l’environnement général. On choisira telle espèce pour être plantée à tel endroit en fonction de sa hauteur, de son exposition qui bénéfi cie d’un faible ou fort ensoleillement, de son intégration dans l’espace, de la taille du trottoir… Rien n’a été laissé au hasard. Même chose pour les plantes. Au total, près de 1 100 arbres de 44 variétés jalonneront le tracé. C’est autant que pour l’aménagement du tramway T3 sur le boulevard des Maréchaux Sud, pourtant trois fois plus long que notre prolongement ! Disposer d’une telle diversité paysagère le long d’une ligne de tramway est assez exceptionnel. »















